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  • interview teuchiland

    Créateur de Teuchiland, Kerim rappe à l’Argonne depuis une dizaine d’années. Aujourd’hui, il tourne un documentaire. De la provocation à la raison.

    Il en rêvait. « J'ai toujours voulu faire un film. » Au pied des tours de l'Argonne, la caméra fascine. Attire et rejette. La trentaine, crâne rasé, survêtement Sergio Tacchini, Kerim a appris à s'en servir. Devant, derrière, mieux qu'un micro, presqu'une arme de poing. Depuis six ans, le rappeur de Teuchiland fait le tour de France des cités, porte la voix d'une jeunesse qui pose ses punchlines balbutiantes sur le son craché d'un téléphone portable. Le concept s'appelle « en direct du Terterre » (le quartier), les vidéos font des milliers de vues sur Internet.

    Un jour, elles ont intéressé « un réalisateur qui a travaillé pour Arte », présente le jeune homme. Depuis deux ans, Jean-Claude Cottet se rend régulièrement à Orléans. Y « tourner le contre-champ d'une banlieue à l'image trop souvent erronée », explique-t-il dans le dossier qui leur a servi à obtenir une première aide du Centre national du cinéma (CNC) pour l'écriture du scénario.

    « Le rap, c'est un sport »

    Kerim sourit : « Rien n'est impossible, tu vois, j'ai commencé le rap dans un Aselqo. » Parce qu'ici, le qualificatif d'artiste ne veut pas dire grand-chose. « Le rap, c'est un sport. » Poser au micro comme taper dans un ballon. Avec dextérité pour les uns ; pour les autres, l'important, c'est de participer. « C'est comme manger, boire, tu digères, c'est la vraie vie. Je ne joue pas, je ne raconte pas un truc si je ne l'ai pas fait », lâche Kerim. « Le fil conducteur, c'est la musique, le rap, la corrélation entre le rap et le quotidien », complète le réalisateur. Sa caméra filme derrière la violence verbale, plonge au coeur de cette musique qui revendique son « indépendance ». On l'appelle rap « hardcore », parce que la langue est crue, vulgaire, les instrumentales, brutes.

    Très actif sur les réseaux sociaux, Teuchiland produit du son à la chaîne et vend des fringues. À chaque fois que faire se peut, l'État, la police, la magistrature – ou les trois – en prend pour son grade et le public crie hourra. Issue de secours, modèle du genre, compte plus de 7 millions de vues sur la YouTube : roues arrières, armes automatiques et majeurs en l'air.

    Aujourd'hui, Kerim jure pourtant qu'il a grandi. « Filmer les parloirs sauvages, je ne le referais plus. Je ne vais plus en prison. J'ai loupé l'école, aux jeunes, je le dis, avant Teuchiland, il y a l'école. » Le réalisateur le qualifie de « Docteur Jekyll et Mister Hyde », l'image lui plaît. À l'écran, son visage n'apparaîtra pas. Pas plus que dans les vidéos qu'il tourne toujours masqué. Une énième provocation qui réjouit les ados qui lui commandent les cagoules siglées Teuchiland, une façon aussi de préserver son anonymat. Il n'y a pas de star au quartier. « Quand je vais à la rencontre des jeunes, je ne me présente pas comme Teuchiland. Souvent, je ne le dis qu'après. »

    « Sur dix personnes, neuf galèrent »

    « Il y a du taf ici ? », demande systématiquement Kerim dans ses interviews-freestyle. La réponse est la même partout : « Non ». Seule l'intonation change. Rageuse ou fataliste, parfois les deux. Le documentaire entremêle les vies de quatre personnages dont Teuchiland est le trait d'union. Vinz, cloîtré chez lui avec bracelet électronique pour trafic de stupéfiants, Jpoo qui tente de trouver un travail, Mak l'intérimaire et Brice en apprentissage : un pied dans la vie active, un autre à zoner. Kerim revendique la « vérité » : « Chaque personnage écrit son scénario en fonction de ce qu'il vit. Ce qu'on a envie de montrer, à travers ce film, c'est le "pourquoi". La plupart de ceux qui vendent de la drogue, dans le quartier, ne sont pas riches. Sur dix personnes, neuf galèrent. »

    Le tournage devrait débuter bientôt, « lorsque nous aurons obtenu les aides à la production », détaille Jean-Claude Cottet. En attendant, les deux hommes travaillent aux repérages. Ce soir-là, l'un des personnages arrive de Metz. « Demain tout ira mieux tu verras », c'est le nom du film. La phrase tourne en boucle dans la chanson d'IAM, Petit Frère. C'était en 1998.en 2018 il prépare un album frère de rue.

     

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  • BOOBA, DAMSO, TRAVIS SCOTT, NTM, DJ SNAKE… RÉUNIS AU CABARET VERT EN BELGIQUE

    Le Cabaret Vert vient d’annoncer la présence de plusieurs personnalités du monde du hip-hop. Ce festival aura lieu cet été à Charleville-Mézières dans les Ardennes. 

    Pour cette nouvelle édition, le « Cabaret Vert » a frappé fort, puisqu’il annonce en tête d’affiche, de grands noms de la musique. DJ Snake et le rappeur U.S. Travis Scott seront de la partie. 

    Côté français, on pourra compter sur la présence de Booba, mais aussi NTM. La Belgique, elle sera représentée par l’interprète de Macarena, le brillant Damso et par le jeune Hamza.

     

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  • Mais où sont passés les magazines hip-hop français?

    Si les blogs et les sites fleurissent ça et là sur le web, le rap reste le seul genre musical à ne pas bénéficier d’un magazine de grande envergure en France. Pourquoi? Comment? Enquête.  

    Comme l'atteste le classement des meilleurs albums de 2016 de nombreux médias, spécialisés ou non, le hip-hop est unanimement reconnu comme le genre le plus inventif, le plus imprévisible et le plus fascinant de ces dernières années. Le plus écouté également, si l'on en croit les chiffres de Soundcloud (147 millions d'écoutes pour le «Panda» de Desiigner), de YouTube (164 millions de vues pour «Bad and Boujee» de Migos) et des disquaires.

    Aux éloges instantanés et hystériques, l’on pourrait toutefois opposer un terrible constat: celui d’un genre musical complétement délaissé en kiosques, là où les anglo-saxons ont The FaderXXL ou encore Complex. C’est bien simple: le rock a New Noise, Rock and Folk ou Les Inrocks, les musiques électroniques ont Tsugi et Trax, le reggae a Reggae Vibes et le jazz l’excellent Jazz News, tandis que le hip-hop, lui, n’a rien. Ou du moins, presque plus rien.

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  • Rim'K : « Le 113 a eu ce succès parce qu'on avait Vitry derrière nous »

    ce matin dans le XIe arrondissement de Paris, on l'arrête tous les deux mètres pour le saluer. Qu'en serait-il à Vitry ? Karim Brahmi, alias Rim'K, sort un nouvel album ce vendredi, « Monster Tape », enregistré dans un studio d'Atlanta qui a vu passer 2Pac ou The Notorious B.I.G. Plus de 20 ans après le début du « 113 », le rappeur, qui vit toujours dans le 94, n'a rien perdu de sa spontanéité.Sortir un album après 20 ans de carrière, c'est toujours autant d'appréhension ?C'est moins d'appréhension, mais toujours un grand plaisir et une grande fierté : 20 ans de carrière dans le rap, c'est 50 ans de carrière dans la variété (rires). Il y a toujours de la pression par rapport à l'investissement, aux fans à ne pas décevoir. Mais tant qu'il y a de la musique et du plaisir, c'est tout sauf contraignant.Il s'est passé 4 ans depuis « Chef de famille » : qu'avez-vous fait ?Je me suis occupé de ma petite famille. J'ai eu un très beau petit garçon (sourire). J'ai fait les hors-séries, un concept de six clips et titres inédits que j'ai envoyé tout au long de 2015 pour faire patienter le public. En 2014 j'avais eu un gros succès avec DJ Hamida et le titre « Déconnectées ». On a pas chômé.D'où vient encore l'inspiration ?De tout, du quotidien. Par exemple pour le titre « Maman » du dernier album, il y a une phrase que ma mère me disait souvent : « Tu verras quand t'auras des enfants ». Entre-temps j'en ai eu un. Avant il y a plein de choses que je prenais à la légère. J'ai fait une chanson pour dire à ma mère qu'elle avait raison.Pourquoi « Monster » ?C'est davantage un projet qu'un album, parce que j'ai invité beaucoup de gens, et c'est monstrueux ce qu'on a réussi. Lacrim, par exemple. Entre-temps il a eu ses galères (il est incarcéré à la prison de Fresnes pour détention d'arme, NDLR). C'est une manière de le soutenir, c'est un artiste de talent.Il est assez sombre aussi cet album, non ?C'est ce que je voulais faire ressentir : c'est ce que vit mon public dans les banlieux françaises et parisiennes. Il y a une ambiance pesante. C'est ça la force du rap : c'est la musique la plus proche du peuple qui retranscrit le mieux la vie sociale.Vitry y est encore présent…Evidemment. Ma famille y est toujours. Avec le 113, on est des purs produits de Vitry. On aurait jamais eu ce succès, si toute la ville n'avait pas été derrière nous. Quand on a fait nos premiers concerts à Paris, la moitié de la salle venait de Vitry. Cette ville est éclectique, et elle l'assume. C'est rare en banlieue. Il y a une émulsion qui s'y passe. Et nous on en a profité.On vous sent loin de l'ambiance des « clashs » ».Pour un artiste, faire de la bonne musique c'est sa meilleure promotion, sa meilleure image, son meilleur coup de com'. Si la musique est bonne, il n'y a pas besoin de rentrer dans des histoires de buzz. Surtout qu'ensuite on en devient dépendant. Ma seule dépendance c'est le micro. Et le bio… Je fume très bio (rires).Rim'K, « Monster Tape », Millenium.

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  • Mala pour rap2vrai

    [Interview] Mala pour rap2vrai : « Il ne faut pas t’attendre à ce que je raconte ma vie !

     

    Une discussion improvisée plutôt qu’une interview cadrée dans les moindres détails. Première impression qui se dégage après notre rencontre avec Mala, venu présenter sa mixtape rétrospective Ghostfather, sortie ce 19 janvier sous l’étendard « OG », son label crée en 2015. L’occasion saisie d’échanger avec un « vétéran » loin de la retraite, figure incontournable de la scène boulonnaise, plein de projets en tête après 23 ans de présence active dans le paysage rapologique. Entretien.

    « Ghostfather » ! Un titre qui résume bien ta carrière ?

    On va dire ça comme ça ! Ça me reflète bien ! Normalement, c’est « Godfather » mais bon, moi je ne suis pas « Dieu le père ». Je n’aime pas prendre la place de Dieu donc j’ai mis Ghostfather (sourire)

    Combien de titres se retrouvent sur le projet et comment as-tu fait la sélection ?

    Il y a 39 titres ! C’est travaillé par DJ Willaye. Pour la sélection, j’ai écouté, j’ai enlevé quelques trucs qui ont vraiment bien marqué histoire de piquer un peu les gens. Comme ça, ça fait un peu « jazzer » (rires). Au final, j’ai pris les morceaux qui me tenaient le plus à cœur.

    Pourquoi faire le choix de sortir une mixtape rétro maintenant ?

    Ca fait au moins  2 ans que je suis dessus, puisque c’est Nabil, d’Addictive, qui m’a proposé de retracer ma carrière à travers une mixtape. Donc le travail s’est fait avec lui. On s’est penché dessus, le temps de faire des recherches parce qu’il y a vraiment des morceaux qui étaient perdus, qu’on retrouve rarement sur le net. Si tu n’as pas le titre, c’est mort ! On a mis au moins deux ans, le temps aussi de trouver les gens qui étaient susceptibles de pouvoir retravailler tout ça. Il y a beaucoup de DJ qui ont dû lâcher l’affaire en chemin et puis, après, j’ai rencontré Willaye, et puis, voilà…

    Est-ce qu’il y a des moments dans ta carrière qui t’ont marqué plus que d’autres ? Notamment avec ton groupe, Malekal Morte…

    Mon plus gros cachet sûrement… (rires). Non, tous les moments ont été bons, je ne pourrais pas t’en citer un en particulier.

    Tes premiers pas dans le rap, ça remonte à présent. C’était en quelle année ?

    C’était en… (il réfléchit)… 95. Zoxea me poussait à rapper, je lui répondais « Vas-y j’ai pas le temps ! ». J’étais enfermé à l’époque, j’étais en prison, et un jour, je vois un direct du Zénith avec toute mon équipe sur scène ! J’ai fais « OK ! ». J’ai envoyé une lettre à Zoxea, je lui ai dis : « On commence comment ? ». Mon premier son, c’était un son que j’ai sorti sur la mixtape à ZikoC2 la balle

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